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titreEn même temps qu’Attijariwafa Bank,  la Banque marocaine du commerce extérieur vient de s’implanter discrètement en Tunisie en entrant dans le capital d’Axis.

Pendant longtemps très faible, le flux des investissements marocains en Tunisie est en train de devenir plus fort. Fin octobre 2005, la plus grande banque marocaine, Attijariwafa Bank –née de la fusion il y a bientôt une année de Wafa Bank et de la Banque Commerciale du Maroc- a racheté de concert avec l’espagnole Santander les 33,54% du capital de la Banque du Sud détenus par l’Etat et certains organismes publics. Mais au moment où l’appel d’offres portant sur ce paquet d’actions n’avait pas encore livré ses résultats, une autre banque marocaine a réussi à prendre pied en Tunisie. Il s’agit de la Banque marocaine du commerce extérieur (B.M.C.E.) qui est récemment entrée dans le capital d’Axis (conseil, gestion d’actifs et bientôt intermédiation en Bourse) à hauteur de 50%.

Toutefois, l’intérêt des banques marocaines pour la Tunisie ne date pas d’aujourd’hui. En effet, dans les années quatre vingt, Wafa Bank, toujours elle, a acheté 4% du capital de la Banque internationale arabe de Tunisie (B.I.A.T.) dans des conditions un peu particulières. L’idée de participations croisées entre Wafa Bank et la B.I.A.T. est en effet née presque par hasard. Lors d’une réunion au Maroc de l’Union des banques maghrébines, M. Mansour Moalla, ancien ministre des Finances, sous Bourguiba, et premier patron de la B.I.A.T., avait invité ses pairs maghrébins à s’impliquer dans le processus de construction du Maghreb Arabe en nouant des partenariats entre les banques maghrébines. «Abdellatif Bennani, alors président-directeur général de Wafa Bank, a sauté sur l’occasion pour proposer à Si Mansour de réaliser une participation croisée entre les deux banques. La transaction a été réalisée sur place après que les équipes de Wafa Bank et de la B.I.A.T. eurent travaillé parfois jusqu’à deux heures du matin, afin de jeter les bases de l’accord», se rappelle M. Ezzeddine Saïdane, ancien n°2 de la B.I.A.T., aujourd’hui à la tête de trois cabinets de conseil financier et de formation en matière bancaire, après avoir dirigé les deux filiales tunisiennes de l’Arab Banking Corporation.

Toutefois, alors que la B.I.A.T. n’a jamais concrétisé son engagement d’entrer dans le capital de Wafa Bank, celle-ci a fini par céder sa participation dans le capital de son partenaire tunisien.

En Tunisie, les capitaux marocains sont présents dans une dizaine d’entreprises de divers secteurs industriels, dont les équipements automobiles, le textile, le plastique, les boissons et la maroquinerie.

Et comme les banques ont l’habitude d’entraîner là où elles vont des entreprises de leurs pays d’origine, Banque Santander et Attijariwafa Bank pourraient en faire de même et contribuer ainsi à donner une forte impulsion aux investissements espagnols et marocains en Tunisie.