titre26

Le coup d'envoi de la 6e édition du printemps musical des Alizés a été donné jeudi soir en présence d'un public assez nombreux, venu découvrir un genre musical d'un très grand mystère et d'une beauté sublime.

La soirée, riche en couleurs, a été inaugurée à Dar Souiri, joyau architectural bâti en pleine médina, par l'ensemble vocal mixte «Voces intimae» qui a interprété trois pièces dont «La truite» de Schuberten, en présence de André Azoulay, président de la Fondation Alizés.

Le festival a démarré avec un public plus nombreux que d'habitude, a indiqué à l'agence MAP M. Azoulay, soulignant la richesse de la soirée d'ouverture tant par la qualité de la musique exécutée que par le talent des musiciens qui comptent parmi les plus en vue à l'échelle internationale.

«La ville d'Essaouira aime la musique et la musique aime très fort Essaouira», a ajouté M. Azoulay. «Voces intimae» (voix intimes) a été créé en 1998 par Christian Patriot qui en assure la direction musicale. L'ambition de cet ensemble vocal est de reconstituer les liens étroits qui unissent, à travers les époques, la musique et la poésie dans le domaine privilégié de la musique chorale.

Lauréat de plusieurs concours internationaux, «Voces intimae», du sud de la France, s'est produit dans plusieurs pays (Tunisie, Malte, Hongrie, Espagne, Autriche, Italie, Slovénie, Grèce, Pologne, Ukraine) et a remporté de nombreux prix.

Dans une déclaration à l'agence MAP, Christian Patriot s'est dit émerveillé par le public très «perceptif» et «connaisseur» qui a assisté à cette première soirée, ajoutant que la culture en général et l'art en particulier «contribuent, dans des temps troublés comme ils le sont aujourd'hui, à édifier le rempart contre l'ignorance et le rejet de l'autre».

Outre l'ensemble «Voix intimes», les mélomanes de la musique de chambre ont pu découvrir d'autres musiciens et apprécier d'autres voix.

Cette première soirée du Festival des Alizés, qui constitue un rendez-vous artistique majeur pour les amateurs et les initiés de la musique classique, s'est poursuivie dans l'enceinte de l'église avec l'ensemble Francesco Cavalli, qui a joué un opéra baroque en costumes et instruments d'époque de Cavalli (La Calisto).

Dans sa ville natale, le Printemps musical des Alizés arbore les couleurs de l'excellence sans slogans et sans discours, ouvrant ainsi le bal de la saison des trois grands rendez-vous musicaux et culturels d'Essaouira, avec un programme riche, brillant et très complet.

Ce festival, qui se veut une fête de la musique, de toutes les musiques, est devenu, au fil des années, le lieu où se retrouvent avec bonheur des virtuoses applaudis dans le monde entier, des violonistes et altistes parmi les plus primés, des pianistes de premier plan en Europe et ailleurs, des violoncellistes à l'autorité internationale incontestée et de jeunes musiciens et chanteurs prometteurs.

Plusieurs dizaines de musiciens, venus de différents lieux et appartenant aux cultures les plus diverses, devront prêter leurs voix et leurs instruments tout au long de cette manifestation (20-23 avril) pour interpréter en terre marocaine des œuvres de grands maîtres conviant à la tolérance et au dialogue.

Ils sont venus du Japon, de Corée, de France, d'Allemagne, d'Espagne, d'Amérique, d'Autriche, d'Egypte, de Russie et d'ailleurs, ayant en partage cet art qui les dote d'une langue commune, en l'occurrence la musique.

Outre Dar Souiri et l'église, les chants et concerts ont lieu dans le siège de l'Alliance franco-marocaine et Rahba (halle aux grains). Les fidèles mélomanes du Printemps des Alizés, dont plusieurs ont fait le déplacement depuis l'étranger, ont droit à des moments forts tels le concert du «Chœur des Trois Cultures» né de la volonté et de l'engagement de la Fondation des Trois Cultures. L'ensemble choral de cette fondation, formé de voix de différentes nationalités et religions, chante des œuvres en arabe, en hébreu et en latin.

Le Matin