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À l’occasion du double anniversaire, 26ème Printemps Berbère et 5ème Printemps Noir, plusieurs activités ont eu lieu dans le département de Tizi Ouzou, il faut dire que la commémoration, qui a débuté il y a plus d’une semaine, a suscité un engouement de la part de plusieurs organisations, qui, certes, ont concocté, chacune de leurs côtés, leurs propres programmes, mais il n’en demeure pas moins, que leur but est d’entretenir la mémoire de ces deux événements phares de l’histoire de la revendication amazighe.                  

À l’appel de plusieurs organisations, la journée du jeudi 20 avril a été marquée par une grève générale qui a touché tous les secteurs d’activités, il n’y avait, ce jour-là, que quelques cafés, les alimentations générales et les vendeurs de journaux qui étaient ouverts au chef-lieu de Tizi Ouzou, avons-nous constaté sur place.

Côté actions, l’aile dite « dialoguiste » de la Coordination des Archs Daïras et Communes (C.A.D.C.) de Tizi Ouzou a organisé, à partir de 10 heures, un rassemblement à la Place des martyrs du Printemps Noir (jouxtant le siège de l’ex brigade de gendarmerie), auquel un peu plus de 200 personnes ont assisté. Ce dernier, qui a duré un peu plus d’une heure a été marqué par des prises de paroles de quelques délégués avant de se disperser dans le calme.

« Fidèles au combat de leurs aînés et aux traditions de lutte de la région », pour utiliser les mots contenus dans leur déclaration, les étudiants de l’Université Mouloud MAMMERI de Tizi Ouzou, structurés au sein de la Coordination Locale des Étudiants (C.L.E.), se sont adonnés à la traditionnelle marche du 20 avril, après avoir organisé, tout au long de la semaine, un cycle de conférences qui a vu la participation de la majorité des formations politiques implantées dans la région (R.D.C., F.F.S., M.D.S. et M.A.K.).

Les marcheurs, quelques milliers, formant une dizaine de carrés, majoritairement composés d’étudiants (80 % d’étudiants et 20 % d’étudiantes), suivis d’une centaine de militants du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (R.C.D.) et de délégués de l’aile dite « anti-dialoguiste » de la Coordination des Archs Daïras et Communes (C.A.D.C.) de Tizi Ouzou, dans un carré distinct, ont commencé à battre le pavé à partir du campus universitaire d’Ihesnawen (Hasnawa) aux environs de 10h50, précédés par un impressionnant dispositif de policiers, beaucoup en civile et d’autres en uniforme.

Arrivés au niveau de l’intersection du stade du 1er Novembre, la marche fut stoppée net, les services de police voulant inciter les organisateurs à changer leur itinéraire et les faire passer par la rue jouxtant la cité des Genêts, afin, disent-ils, de ne pas provoquer d’affrontements avec les autres citoyens qui observaient un rassemblement à la Place des martyrs du Printemps Noir. Ce fut peine perdue, des cris de réprobation sont lancés par les marcheurs invitant les policiers à quitter les lieux, « Nous avons notre propre service d’ordre, nous n’avons pas besoin de vous ! » : assène un des membres de la C.L.E. visiblement irrité par ce soudain intérêt des Pouvoir publics à encadrer les manifestations.

Continuant sur leur lancée, les étudiants reprennent leur marche sans changer d’itinéraire, les slogans fusent une nouvelle fois : « Pouvoir assassin », « Corrigez l’histoire, l’Algérie n’est pas Arabe », « Ulac smah ulac » (Pas de pardon), « Assa azekka Tamazight tella, tella » (Aujourd’hui et demain, le Berbère sera toujours là). Arrivés au niveau du portail du C.H.U. de Tizi Ouzou, les marcheurs se sont tous mis à genou et une minute de silence a été observée, après quoi, la marche a repris de nouveau.

La procession humaine à une nouvelle fois été arrêtée par un cordon de policiers, en civile et d’autres en uniforme, au niveau de la CASORAL, juste avant d’arriver à la Place des martyrs du Printemps Noir. Les esprits commençaient à s’échauffer car l’idée de l’interdiction de la marche a circulé au sein des manifestants, mais ce ne fut pas le cas, quelques minutes après, juste le temps que les citoyens ayant observé le rassemblement (cité en haut) aient quitté les lieux, la marche reprends de plus belle avec les mêmes slogans, en empruntant l’avenue ABANE Ramdane (Grande rue).

Après plus de deux heures de marche, les étudiants arrivent au niveau de la Cité administrative du département à 13h10, après un sit-in de plus d’une vingtaine de minutes, un membre de la C.L.E. lit une déclaration dans laquelle il énumère les revendications pour lesquelles a été organisée cette marche, à savoir : « Tamazight langue officielle », « Une véritable université à Tizi Ouzou », « Respect des libertés démocratiques » et « Respect des droits Humains ». Tout de suite après, les marcheurs ont été invités à se disperser dans le calme et à ne pas répondre aux provocations, chose qui a été faite, car aucun incident n’a été enregistré.

Pour Kabyle.com – Rédaction de Tizi Ouzou