Le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a prévenu dimanche le président algérien Abdelaziz Bouteflika qu'il "faut ne jamais galvauder" le terme de "génocide" après ses propos sur la colonisation française.   

"Concernant le génocide, qui est un mot qui a été employé récemment, des philosophes et des intellectuels nous ont appris, en particulier Primo Levi, qu'il faut ne jamais galvauder ce type de terme", a souligné M. Douste-Blazy lors du forum Radio J.   

Le président Bouteflika avait dénoncé à Constantine (est algérien) un "génocide de l'identité" algérienne par la France durant la colonisation de l'Algérie. Il a été hospitalisé à Paris quelques jours plus tard.   

"Je ne ferai qu'une remarque par rapport à ce qui a été rapporté concernant les propos de M. Bouteflika sur la France: je vois qu'il apprécie les médecins français, je vois qu'il apprécie la médecine française, je vois qu'il apprécie les hôpitaux français", a-t-il lancé. "Je m'en réjouis doublement d'abord parce que je suis médecin et ensuite le chef de la diplomatie française."   

Le ministre français des Affaires étrangères a également confirmé qu'"à sa connaissance" le président algérien n'était plus en France.   

D'autre part, Philippe Douste-Blazy a préconisé "un travail de mémoire" sur les relations entre les deux pays car "on ne peut pas penser à un avenir commun si nous n'avons pas un passé à la fois assumé et partagé". Mais "ce travail ne doit pas être réalisé "par des hommes politiques, fussent-ils des grands responsables politiques, ni par des députés ou des sénateurs" mais "par des historiens et des chercheurs".   

Quant à la signature d'un traité d'amitié entre l'Algérie et la France, "il y a une chose qui est sûre c'est qu'il n'y a pas de calendrier", a reconnu le ministre des Affaires étrangères. Mais "l'Algérie est un partenaire plein et entier, souverain indépendant bien sûr, et la France doit travailler avec elle".

AP