En algérie, se Consul général de France à Alger mettra aujourd’hui en fonction un nouveau système de délivrance des visas que ses promoteurs qualifient de moderne, d’efficace et de réactif.

Reposant essentiellement sur une logique absolue de garantie du service public.

Son principal promoteur, c’est celui qui est appelé à Paris « Monsieur Visa », un statut qu’il a hérité de son poste de responsable pendant plusieurs années du service de délivrance de visas pour tous les pays du monde. C’est le Consul général de France à Alger, Francis Heude, qui était en 2005 consul à Annaba. Il a aussi été dans un passé quelque peu lointain (1973-1977) fonctionnaire à l’Ambassade de France à Alger et s’occupait du délicat dossier des biens vacants et de celui des divorces des couples mixtes. Et c’est lui-même qui, hier, a fait l’annonce à des représentants de la presse nationale de la mise en fonction d’un nouveau système d’octroi de visa en Algérie.

Une annonce, faut-il le signaler, qui intervient à un moment où les relations algéro-françaises sont agitées par un tumulte profond. Francis Heude refuse d’établir un quelconque lien entre les deux événements en rappelant avec insistance que dès son installation à Alger en février 2006, il s’était fixé comme objectif de « faire disparaître les files d’attente de devant le Consulat de France ». C’est avec les soins « techniques » d’une société algérienne privée, « dont les employés sont des jeunes extrêmement dynamiques », qu’il vient de mettre au point un nouveau système de délivrance des visas aux Algériens.

« C’est un système d’une autre nature, moderne, efficace et surtout réactif que nous venons de mettre en place », a déclaré Francis Heude aux journalistes. Réactif est un terme que le Consul général de France a répété à plusieurs reprises pour préciser que le système mis en place inverse la tendance en faveur du demandeur du visa. « C’est un renversement de l’approche qui est tout à fait fondamental : c’est le demandeur qui choisira le jour, la date et l’heure auxquelles il voudrait se présenter au Consulat pour retirer son visa », a-t-il affirmé. C’est donc en fonction du calendrier du demandeur du visa et de sa disponibilité que les services consulaires français fixent le rendez-vous pour le retrait. Les Algériens ne seront ainsi plus à la merci du bon-vouloir d’agents du Consulat pour décrocher un hypothétique visa. Le tout se fera, dit le Consul général, « sous réserve de la présentation de certaines pièces ».

En fait, ce qui n’a pas changé, ce sont les pièces et documents justificatifs que le demandeur se doit de fournir pour prétendre à un visa. Premier document, l’imprimé « qu’il peut retirer sur internet, et à partir de là constituer un dossier sur la base de ce qui lui est exigé par ce document en question », explique Heude. Une fois le dossier constitué, le demandeur l’enverra par poste. L’on pourrait dire que le changement dans la procédure d’octroi du visa par le Consulat français est visible à partir de cette étape. Ce qui a changé donc, c’est que ce même demandeur peut composer le 15 73 (à raison de 10 dinars la minute HT) et recueillir auprès de l’opérateur du Consulat français tous les renseignements qu’il estime nécessaires pour qu’il lui soit délivré le visa qu’il veut avoir, de court ou de long séjour.

Ce système sera totalement opérationnel à partir du 21 mai prochain. « Les premiers rendez-vous pourraient être donnés à partir du 4 mai pour les demandeurs qui ont déposé leur dossier de visa ces derniers jours », indique le Consul général. Le demandeur pourra alors appeler cette fois-ci le 15 79 pour qu’il lui soit fixé un rendez-vous pour le retrait de son visa. Mais avant, il devra attendre d’être saisi par les services consulaires. En effet, une fois son dossier envoyé par voie postale, le demandeur du visa devra attendre que le Consulat lui adresse un courrier dans lequel il lui aura formulé une réponse à sa demande. Si celle-ci est positive, il devra donc contacter le 15 79 et prendre rendez-vous. Ce numéro sera opérationnel à partir du 1er mai. Si la réponse est par contre négative, il pourra toujours rappeler le 15 73 pour connaître les raisons du refus.

Le Consul général précise toutefois que « nous ne donnons pas le visa à la tête du client, nous sommes dans un Etat de droit et les dossiers sont traités selon le mérite.

Cependant, en cas de rejet de la demande, nous ne motivons pas notre décision de refus sauf pour une certaine catégorie ».

Notons qu’en cas de rejet, le demandeur a le droit de saisir le juge administratif français. A la question combien attendra le demandeur pour recevoir le courrier du Consulat, le Consul général de France répond : »Nous anticipons les délais de poste, c’est-à-dire le temps que prendra le dossier une fois envoyé et jusqu’à ce qu’il arrive à notre niveau. C’est en calculant avec ces aléas que le demandeur pourra recevoir notre courrier ». Si le système fonctionne bien, les Algériens n’auront à attendre qu’une quinzaine, au plus une vingtaine de jours pour recevoir la réponse à leur demande de visa.

« Il est condamné à réussir », répond sans hésiter Francis Heude à propos du nouveau système. Il note que d’ici la fin de l’année, au plus tard au début de l’année prochaine, les Algériens auront la possibilité de consulter Internet pour connaître l’état d’avancement de leur dossier. Le Consul général n’omet pas d’indiquer que le nouveau service fonctionnera 7 jours sur 7, même les jours fériés et « H24 si nécessaire ». Le système des valises est, selon Heude, toujours en vigueur. Il concerne tous les demandeurs inscrits sur ce qu’il appelle « la liste d’attention positive ».

Ghania Oukazi — Le quotidien d’Oran