· L’Espagne tente de convaincre les responsables algériens de participer les 10 et 11 juillet

LE secrétaire d’Etat espagnol aux Affaires étrangères, Bernardino Léon, demandera à l’Algérie de revenir sur son refus de participer à la prochaine conférence UE-Afrique de Rabat sur l’immigration, a-t-on appris mardi 25 avril de source diplomatique.
Alger entend ignorer la conférence prévue les 10 et 11 juillet chez son voisin et participer en revanche à une «conférence ministérielle sur les problèmes migratoires», les 5 et 6 juin à Tripoli, sous les auspices de l’Union africaine (UA).
Léon mettra à profit une visite mercredi 26 avril en Algérie pour évoquer cette question avec son homologue, Mohammed Bedjaoui, et avec le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Il leur demandera qu’Alger reconsidère son refus de participer à la réunion de Rabat, selon la même source espagnole.
L’Algérie estime que la question de l’immigration ne peut être traitée que dans le cadre de l’Union africaine, de laquelle s’est retiré le Maroc.
Madrid craint que la tenue de deux réunions concurrentes fasse perdre de la substance à celle de Rabat, surtout si d’autres pays de l’UA décident de suivre l’exemple d’Alger.
La conférence UE-Afrique de Rabat est une initiative promue par l’Espagne, le Maroc et la France à la suite de la sanglante crise migratoire à Sebta et Melillia prises d’assaut à l’automne 2005 par des milliers de candidats africains à l’émigration. Des incidents frontaliers meurtriers s’en étaient suivis, précédant la dispersion dans le désert de milliers d’Africains puis leur expulsion.
Alger assure que la réunion de Tripoli est également patronnée par l’UE, ce qui n’a pas été confirmé par Bruxelles.

Synthèse L’Economiste