Décidément, l’expérience et l’expertise marocaines sont de plus en plus prisées en Tunisie. Le ton est donné et les ambitions affichées. Lorsqu’il s’agit d’expansion transfrontalières sud-sud, le Maroc n’hésite pas à donner l’exemple. Dans les milieux des affaires, l’on ne jure plus que par les avancées réalisées notamment du côté des institutions financières. Attijariwafa bank, la Banque marocaine pour le commerce extérieur, Maghreb Titrisation,… les Marocains ont réussi un coup de maître. Même dans les manifestations et rencontres spécialisées, la présence de banquiers et de financiers marocains est de plus en plus remarquée. La dernière en date, le séjour de Khalid Oudghiri, PDG du groupe Attijariwafa bank il y a une semaine où il a été reçu par le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Le séjour a été également l’occasion de participer comme invité d’honneur lors d’une grande manifestation économique où il s’est attardé sur la révolution dans les services (menaces et opportunités).
Aujourd’hui, Attijariwafa bank et la BMCE donnent l’exemple. La première est bien avancée dans le processus de modernisation de la Banque du Sud (cf. www.leconomiste.com) et la seconde promet des perspectives intéressantes à l’avenir.
Dans un siège flambant neuf sur l’avenue Mohammed V à Tunis, l’artère où siègent les principales institutions financières du pays, Axis Capital. Depuis le 20 janvier 2006, le Conseil du marché financier a autorisé «Axis Capital Bourse», société anonyme au capital de 1.000.000 de dinars, à exercer les activités d’intermédiation en Bourse liées à la négociation et l’enregistrement des valeurs mobilières à la Bourse des valeurs mobilières de Tunis,  le conseil financier, le démarchage financier, la gestion individuelle de portefeuilles de valeurs mobilières, le portage d’actions, le placement de valeurs mobilières et des produits financiers. Rappelons qu’il y a quelques mois, Attijariwafa bank  et Grupo Santander ont pris le contrôle de la Banque du Sud. De son côté, la BMCE a racheté, il y a plus d’une année, 50% du capital d’Axis, un groupe tunisien de conseils et d’études financières. Aujourd’hui, la Tunisie compte plusieurs entreprises de secteurs divers. De la communication aux entreprises textiles à l’industrie, plusieurs entités opèrent depuis la Tunisie, leur nombre est néanmoins resté limité.
Toujours dans le même domaine, l’expérience de Maghreb Titrisation. Celle-ci a décroché un mandat d’arrangement et de gestion des opérations de titrisation de la Banque internationale arabe. La société vient d’ailleurs d’obtenir le visa du prospectus d’ouverture publique du Fonds commun de créances. Dénommé «FCC Biat – Credimmo 1», le fonds a pour objet l’acquisition d’un portefeuille de prêts à l’habitat bénéficiant d’une hypothèque et proposée par la banque en question.
La Biat se propose en effet de céder au «FCC Biat – Credimmo 1» un lot de créances hypothécaires rattachées à des prêts à l’immobilier d’un montant de 50 millions de DT. Ledit FCC devrait procéder à l’émission auprès du public de parts d’égal montant et réparties en   parts Prioritaires (P1 et P2) notées AAA, parts Subordonnées (S) à souscrire par des investisseurs institutionnels et une part Résiduelle (R) à souscrire par la Biat en tant que cédant. En attendant les détails de la première opération, les observateurs y voient déjà un succès.

L'Economiste