Le Maroc représente plus de la moitié du marché des centres d’appels francophones délocalisés, avec plus de 180 sociétés implantées, a affirmé hier le président du Salon international des centres de contacts et d’appels au Maroc (SICCAM), Mohammad el-Ouahdoudi.
« En cinq ans, notre pays est devenu le leader des centres d’appels offshoring francophones et les 180 sociétés qui sont présentes ont créé 18 000 postes de travail, soit 25 000 emplois », a-t-il déclaré en ouvrant à Casablanca la troisième édition du SICCAM.
« Il représente plus de 50 % du marché de l’offshoring francophone, soit plus que l’Algérie, la Tunisie, le Sénégal, l’île Maurice, Madagascar réunis, et nous pouvons encore faire beaucoup mieux », a précisé le président du SICCAM.
Le chiffre d’affaires du secteur est passé de 3 millions d’euros en 2001 à une prévision de 250 millions d’euros en 2006.
Le Maroc accueille également des centres d’appels hispanophones et le Grupo Konecta, numéro un espagnol avec plus de 10 000 postes de travail, a annoncé à l’ouverture du salon la création d’une antenne à Casablanca. Le Maroc ayant été partiellement sous mandat espagnol, de nombreux Marocains dans le nord et le sud du pays s’expriment parfaitement dans cette langue.
« Nous avons choisi le Maroc en raison de sa proximité, des coûts salariaux modestes et de la bonne qualité du personnel », a déclaré le directeur général de Konecta-Maroc, M. Adrian Canas. Pour les centres d’appels hispanophones délocalisés, le Maroc arrive en deuxième position derrière l’Amérique latine.
Si, concernant les charges, le Maroc est cinq fois moins cher que l’Europe, le seul point noir reste les télécommunications, qui sont près de deux fois plus chères.
« Nous avons décidé de baisser nos tarifs de 50 cents à 35 cents d’euro et nous pouvons même arriver à faire des offres à 25 cents d’euro afin de rendre le pays encore plus attractif », a dit de son côté Moncef Belkhayat, vice-président commercial de Meditel, le deuxième opérateur de teléphonie du pays.
Mais le Maroc mise aussi beaucoup sur la délocalisation des services informatisés et le Premier ministre marocain Driss Jettou devrait annoncer prochainement un programme incitatif pour les sociétés, a indiqué M. Ismaïl Alaoui Ismaïli. « Avec Casashore, le gouvernement entend établir une plate-forme régionale d’excellence en matière d’offshoring », a indiqué le chargé de mission auprès de Premier ministre.
La délocalisation internatioinale des services informatisés devrait connaître une croissance rapide et, selon les prévisions, devrait dépasser au niveau mondial un milliard de dollars en 2002 et 24 milliards de dollars en 2007, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

L'Orient Le Jour