Sept mois après sa signature, le PDRT commence déjà à avoir ses premières déclinaisons concrètes à Fès. Les projets foisonnent. En un seul semestre, la ville a drainé près de 800 millions de DH d’investissement, soit près du tiers des prévisions 2005-2015: 3 milliards de DH. En effet, après la réalisation du projet de l’Académie internationale de tennis d’Henri Leconte (2,5 millions d’euros), en moins de 3 mois (cf. www.leconomiste.com), plusieurs opérateurs prospectent aujourd’hui la capitale spirituelle.

Espagnols, Français, Italiens, Néerlandais, Emiratis et autres atterrissent chaque jour à l’aéroport Fès-Saïss. Les autorités de la ville s’engagent aujourd’hui à recevoir tout projet porteur.

Souvent l’accord est signé le jour-même et toutes les autorisations sont livrées dans un temps record. Label Vie, galeries marchandes, deuxième supermarché Acima, Groupe Doha, des hôtels, cafés, restaurants, call-centers… la ville n’a jamais enregistré autant d’activité.

Pour le seul mois de juin, pas moins de 5 nouvelles enseignes ont vu le jour, et ce, en plein centre-ville. Aleona, Titanic, So Sweet, Eight… les appellations de ces cafés diffèrent et l’architecture aussi. Le plus simple est Aleona. On l’appelle aussi le café de Ba Jelloul.

D’une superficie de 360 m2 -marbre, verre, inox et éclairage très soigné-, ce café a ouvert ses portes le 12 juin. Son initiateur n’est autre que le restaurateur Ba Jelloul. Ce dernier ne donnera aucune indication sur les montants investis. Toutefois, le prix du foncier commercial dans ce quartier est connu. Il varie entre 13.000 et 20.000 DH/m2. Ceci pourra donner une idée sur l’enveloppe déboursée pour l’acquisition du local.
Avec les travaux de réaménagement, le matériel, et les diverses installations… l’investissement peut atteindre facilement les 10 millions de DH. Il les dépasse parfois comme c’est le cas pour les cafés Titanic et Aréna Palace. Ce dernier emploie près de 90 personnes entre serveurs, pâtissiers et personnel d’administration. C’est donc de véritables entreprises qui s’installent.

Au Majestitc, c’est un rendez-vous très branché qui s’offre aux amateurs. Ouvert depuis le 15 juin, au sein de l’Académie de tennis d’Henry Leconte, ce restaurant international propose des spécialités européennes pour tous les goûts. Toujours pour les gourmets, il y a aussi Venisio. Cet autre restaurant, ouvert depuis quelques mois, a une bonne réputation. Il accueille chaque jour des décideurs et opérateurs économiques autour de repas savamment concoctés. Et si l’on ne réserve pas sa table à l’avance, il vaut mieux aller ailleurs. Pas de crainte à cet égard. Dar El Ghalia, Dar El Fassiya, Palais de Fès, Riad Sherazade… il y a un choix immense en médina surtout chez les restaurateurs spécialisés en gastronomie marocaine. Un d’entre eux est Dar Lmdina. Là, l’animation est omniprésente. Outre musiciens, danseuses de ventre, le magicien du restaurant fait parler de lui.

En tout cas, Fès a les moyens pour concurrencer les villes pionnières dans le secteur du tourisme et attirer des groupes internationaux.

Parmi les projets discutés récemment par la commission des investissements, la foire internationale.

L’investissement est de 200 millions de DH. Son promoteur a loué un terrain communal d’une superficie de 11,5 ha, à un prix très encourageant (400.000 DH par an et pour une durée de 50 ans).

Située à proximité de la nouvelle zone touristique de Oued Fès, la future foire internationale de Fès comprendra, outre des halls d’exposition, un palais des congrès de 1.200 places, un business center, un hôtel et un parc de loisirs.

Autres projets touristiques d’envergure: le petit train touristique et le bus panoramique. Ces deux projets, d’un coût global de 7 millions de DH, émanent d’un MRE qui a eu le coup de cœur pour Fès. Il s’agit de Hassan El Messnaoui, un Marocain résidant à Montpellier et qui, depuis quelque temps, s’intéresse à la ville. «Notre activité consiste en l’exploitation et la location de bus et de train touristiques dans un double objectif: la promotion du tourisme à la fois extérieur, en apportant de l’originalité à la découverte de la ville de Fès, et local, en mettant à la disposition des visiteurs de la ville un moyen de transport original, pratique et agréable», exprime El Messnaoui.

Par ailleurs, l’investissement touristique est ressenti aussi dans la médina où les intermédiaires ont fait fortune. Les maisons d’hôtes qui se comptaient sur le bout des doigts, il y a quelques mois, sont passées à près de 250. Chaque jour, des promoteurs français, espagnols, britanniques et hollandais arrivent.
Barbara Taylor a relevé le défi dernièrement. Elle a acheté une vieille bâtisse à 500.000 DH et entame actuellement des travaux de réaménagement estimés à 300.000 DH. Son amour pour Fès l’a éloignée de sa famille en Espagne depuis février dernier. «Mon deuxième pays est le Maroc et j’aime beaucoup Fès», indique Barbara.

Il faut dire que cette dernière a réalisé une bonne affaire. L’engouement pour les riads a fait grimper les prix qui varient actuellement entre 1 et 15 millions de DH. Mais il y a encore de bonnes occasions à saisir.

Auteur/Source : L'Economiste