Gazette du Maroc
31 Juillet 2006

                                     

               

                                          
 
 

L’establishment algérien n’est pas en mesure de prendre une position officielle claire face à ce qui se passe au Liban. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui insulte le colonialisme français, lui demande de présenter des excuses au peuple français, évite jusqu’à ce jour de s’exprimer pour ne pas déranger les Etats-Unis. Son Premier ministre, Abdelaziz Belkhadem, qui a été contraint de sortir de son mutisme sous pression de la rue algérienne, a poliment critiqué la position de Washington sans pour autant la citer. Après la répression des manifestations soutenant le Liban et la Palestine par les forces de l’ordre, l’Etat a décidé d’organiser des meetings dans des salles fermées. Parallèlement, il a poussé le président du Haut conseil Islamique algérien, cheikh Bou Amrane, à soutenir le Hezbollah et de critiquer les Fatwas de certains religieux saoudiens qui ont pris position contre le «parti chiite dans sa guerre contre Israël». Ce trouble apparent au sommet de l’establishment algérien a encouragé le président du Parlement libanais, Nabih Berri, à souligner avec grande tritesse dans son interview accordée à la chaîne qatari, Al-Jazirah, que le peuple libanais qui manifestait jour et nuit pour Jamila Bouhaïrad durant la guerre d’indépendance soit récompensé de cette manière par l’Algérie.