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Depuis le découpage administratif de 1984 la Kabylie est divisée en huit départements : Tizi Ouzou, Bouira, Bejaïa, Boumerdès, BBA, Sétif et Jijel. Le pouvoir central d’Alger tente, via certains médias comme la DDK, d’accréditer l’idée que la Kabylie soit réduite aux trois premiers départements. C’est une façon comme une autre de gruger le territoire de la Kabylie. En parallèle, le Makhzen utilise tous les moyens pour affaiblir économiquement le noyau dure (Tizi/Bgayet/Tubiret) tout en renforçant économiquement et démographiquement (implantation de colonies de peuplements arabophones ou de salafistes repentis) les départements plus arabisés.                  

En voici un des effets pervers tant redoutés du fameux découpage territoriale opéré par le pouvoir central d’Alger en vue d’affaiblir la Kabylie ! Le Aarch des At Chender, rattaché à la Wilaya de Boumerdès, n’est que la pointe de l’iceberg. Des dizaines d’autres Aarchs habitants des villages Kabylophones dépendants des communes de Timezrit (Iwaazunen, At Messaoud U Aissa, etc..), de Tachaabet (At Khalfoune, ...), des Issers (At Mekla, Ighumrasen, Iaazuzen, ...), de Tizi N at Aicha, etc...sont ainsi discriminés par le wali de boumerdès - càd par le pouvoir central ou Makhzen d’Ager ! Aucun sou n’est investi dans ces villages des Iflisen Umelli depuis l’indépendance de l’Algérie. L’interwilaya des Aarchs qui s’est tenue la semaine dernière dans cette région (Tamd’iqt) a due constaté de visu cet "apartheid" dont souffrent les Iflisen Umelli, notamment depuis l’annexion de leur territoire par les colons français en 1871 allant de la rive ouest du Sebaou jusqu’à Tizi n’At Aicha. En 1962, la dictature arabo-islamiste de Ben-Bella et de Boumédienne, au lieu de restituer ses terres à leurs propriétaires, ont installé leurs amis (notamment des arabophones) pour remplacer les colons français. C’est ainsi que les villes coloniales de Rouiba jusqu’à Bordj Menaël furent peuplés d’arabophones.

Rappelons que tous ces villages Kabyles (Sidi Ali Bounab, Timezrit, At Mekla, Imkiren, At Khalfoun, At amrane, Chabet, etc..) souffrent d’un manque d’eau recurrent depuis des années. Bien que situés sur la trajéctoire de l’aquedec sous-terrain qui va alimenter Alger à partir du barrage de Taksebt, leur alimentation n’est pas prévue.

C’est aussi cela "l’apartheid d’Alger".

L’Hocine Ukerdis

Elle remet en cause le tracé des frontières avec la commune de tizi ouzou

L’APC de Aït Aïssa Mimoun revendique ses terres

Le problème est maintenant vieux de plus de vingt ans. En effet, lors du dernier découpage administratif de 1984, qui a donné naissance à la commune de Aït Aïssa Mimoun, issue de Ouaguenoun, une bonne partie des terres agricoles qui devaient revenir à la nouvelle municipalité était attribuée à la commune du chef-lieu de wilaya. C’est ainsi que la commune de Tizi Ouzou a déployé ses “tentacules” dans la plaine de Sébaou jusqu’à Tamda et Thala Athmane. Le terrain qui abrite la zone industrielle et le marché hebdomadaire appartient, historiquement, à l’ancienne commune de Ouaguenoun. Les propriétaires de ces terres agricoles sont des citoyens de Aït Aïssa Mimoun. Depuis des générations. D’ailleurs, le premier siège de la daïra de Ouaguenoun était situé dans cette zone distante de 12 km de la ville des Genêts. En 1992, le président d’APC d’alors avait justifié le transfert du siège de l’APC à Lebdahi, limitrophe avec la commune de Tizi Ouzou, par la possibilité de récupérer la zone industrielle. Treize ans plus tard, rien n’a été fait dans ce sens. Le dossier a dû, entre-temps, moisir dans quelque tiroir de l’administration. Mais voilà que l’actuelle APC vient de le déterrer. La commission de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire a planché sur la question. Elle vient de se réunir avec le maire et ses adjoints pour voir comment restituer à Aït Aïssa Mimoun ce qui lui appartient. Dans un premier temps, les élus comptent saisir le wali de Tizi Ouzou sur la question. Les membres de l’APC n’excluent pas, d’ailleurs, d’associer la population à leur démarche. Amputée de ces terres agricoles et fertiles, Aït Aïssa Mimoun est une commune pauvre qui vit uniquement des subventions de l’État, feront remarquer des élus à l’APC. C’est pourquoi, ces deniers revendiquent aujourd’hui ce qui est historiquement un patrimoine foncier de leur municipalité. Pour eux, le tracé des frontières au sud devrait être revu, de telle sorte à ne pas léser la commune de Aït Aïssa Mimoun. Une commune censée être une banlieue, parce qu’elle est mitoyenne avec la ville de Tizi Ouzou, mais qui est, à vrai dire, à des années-lumière de la ville.

YAHIA ARKAT